Les souvenirs le hantent – 1 et 2

Il bravera sans doute cet obstacle, un autre qui s’empare de sa joie pour lui enlever toute envie de poursuivre son « potentiel » succès futur. Un autre obstacle dont il ne pourra se départir, du moins, il devra vivre avec pour le restant de ses jours. Certains le feront rire, d’autres le terrasseront, plusieurs fois, pour ainsi mettre fin à cette quête qui le guide tant. Que fera-t-il quand, sous le coup de 12:00 AM, il se réveillera en sursaut, dégoulinant de sueurs, puisqu’il aura vu ce coup de poing l’atteindre à l’estomac?
 
Saga de Facebook: Les souvenirs le hantent
 
C’était un Jeudi soir, vers 8 heures moins le quart. La pénombre s’amorçait aux cieux, le soleil n’avait par contre pas dit son dernier mot. Tout était en place pour une balade tranquille, rien de bien menaçant à l’horizon. Que voulez-vous faire quand vous habitez à Plessisville? La ville où rien ne se passe vraiment à moins de chercher comme il le faut, la ville où le cimetière est la première option pour les plus nostalgiques. L’entrée clôturée laissait présager un certain doute sur ces défunts qui reposaient 6 pieds sous terre. Notre jeune bagarreur ne pouvait que renifler, sentir, ressentir les effets néfastes des déchets qu’étaient produits dans l’air ambiant. Ça sentait la merde. Vulgarité proprement dite, il s’empressait à recueillir ses derniers mots sur la tombe de son feu grand-père. Ahh, qu’est la vie qu’artifices, il n’aura vécu qu’une seule passion dans sa cave, à collectionner les vestiges d’une ère de Hockey maintenant révolue. Tous ces gens qui ne comprennent pas ce qu’est la vie finisse malheureux. Le 3/4 des gens qui reposaient ci et là représentaient cette catégorie de gens, triste fin pour des citoyens potentiellement honnêtes. 
 
Sa tombe se retrouvait à quelques pas de là. Auparavant, il marchait vers la pierre tombale en forme de Jésus Christ, celui qui règne sur tous ces catholiques de la planète. Et oui, le Pape n’est qu’un messager, le message provient du créateur, celui qui aurait sauvé des gens de la peste par un simple claquement de doigts. N’est que naïveté si l’on le veut bien, s’ils se complaisaient dans cette croyance futile, tant mieux! Il n’abordait pas cette idéologie où l’on s’assit jusqu’à ce que le paradis nous appelle. Son grand-père avait un cadre du Pape dans sa maison, à coté de la porte d’entrée, en guise d’invitation charnelle. Quelle bonne idée, quoi de mieux pour montrer combien conservateurs l’on est! Cependant, une bonne famille à l’ancienne éduquait leurs enfants du mieux qu’ils pouvaient. Tout honneur leur revient, le succès les attendait à la fin. 
 
Rendu à la tombe, il s’agenouilla prestement dans la terre trempée, il avait commencé à pleuvoir sur cette ville troublée par l’argent, l’hypocrisie, la traitrise, tout ce qu’il y a de bien quoi! Au moment où il termina ses mots d’affection, au moment où il se devait de quitter l’endroit, il posa sa main droite sur cette épouvantable pièce d’argile que représente le symbole d’une existence post-mortem. En un instant, il bascula à travers le temps et se retrouva couché sur son bureau, dans sa classe de secondaire 3, en pleine session de je pleure puisque je suis écoeuré de tout subir.
 
Son esprit était celui qui s’était empressé à dire ses bons vœux au cimetière, mais son coeur ne lui répondait plus. Il subissait cependant les émotions qu’il avait ressentis jadis, l’humiliation et la douleur des coups qu’il avait encore reçu au ventre. Ça lui démangeait de partir, pour toujours, ne plus rien savoir de ce monde qui le maudissait. Il était différent, mais avait-il une valeur réelle? Oui, mais ça, c’est très peu pour une école où la réputation fait foi de tout. S’il n’en tenait qu’à lui, il serait parti, pour toujours, plus rien savoir des gens qui le côtoyaient. Les pleurs déferlaient sans cesse sur son visage, et il ressentait la vive sensation de mal paraitre devant ses comparses de classe. Sa fierté s’en voyait affectée, pour une seconde fois, en fait, ce n’était pas la seconde fois, il avait subit ce genre de sévices bien plus que quiconque ne savait à propos de lui. 
 
Il voulait quitter cet endroit maudit…
 
Et se retrouva aussitôt dans un lit, la lumière se retrouvait éteinte. Il regarda l’heure: Rien Il n’avait pas regardé au bon endroit, et pour cause, ce n’était pas sa chambre à coucher. Son lit était deux fois trop petit pour sa taille, il faisait tout de même 6 pieds au moment de cet évènement. Il vérifia si l’on l’avait enlevé, volé, séquestré. Rien n’y fit, il était là de son plein gré. C’est à ce moment qu’il se remémora ses plus beaux jours des dernières années, là où il avait passé du temps avec celle qu’il aimait. En effet, 10 heures de route pour une fille comme elle, quelle perle! Il ne pouvait toutefois pas intervenir, il ne contrôlait pas son corps. Alors, il se souvenu d’un fait étrange, il avait vécu cela lors de sa première nuit dans cette vile mythique. Il en entendait parler à la télévision, sans jamais sourciller. Et maintenant, son coeur battait pour vivre, pour aimer, il n’avait jamais vécu cela auparavant, la douleur n’était plus, mais faisait place au bonheur que les jeunes personnes osent appelé: l’amour.
 
Il aurait espéré que ça dure pour l’éternité…
 
Mais, ce ne fût pas le cas. Il se retrouva, face contre terre, devant la pierre dont il ne se souvenait même plus de l’existence. Il venait de faire un bond dans ses souvenirs les plus fragiles. Maintenant, que ferait-il quand ses souvenirs le hanteraient en plein cours?

Les souvenirs le hantent (2)

Le retour à la vie quotidienne ne fut pas ardu. En fait, il avait d’autres chats à fouetter comme on dit, c’est à dire qu’il devait travailler 20 heures semaine pour payer ses futures études, étudier pour des examens reconnus comme difficiles, et il se devait d’établir un budget pour l’année suivante. Chose qui tient en haleine tout élève n’ayant pas droit à une bourse énorme, il aurait certes dû trouver du boulot plus tôt. Rien ne lui aurait fait plus plaisir que d’obtenir une paie de 150$ par semaine, et ce pendant tout l’année scolaire, mais le temps jouait maintenant contre lui.
 
Malgré tout, il recensait sans cesse les derniers événement survenus au cimetière. Quand ce n’était pas une voix – dans sa tête – qui lui indiquait le chemin à prendre, c’était un retour dans le temps. Ceci le bouleversa encore plus profondément que la peine d’amour subie il y a pas si longtemps. Peut-être qu’en refoulant des sentiments de hargne et de haine, un jour ou l’autre l’on finit par exploser de rage. Il l’avait fait maintes fois je l’admets, mais l’heure n’était plus à la colère. Du moins, c’est ce qu’il prétendait. Ô que mensonge et hypocrisie que lorsque l’on se ment à soi-même, c’est ce qu’il croyait, qu’il fusse envahi par la honte ne le tourmentait plus, il vivait avec comme si c’était sa drogue matinale. Il en avait besoin pour guérir de certaines lésions permanentes, il désirait plus que tout vivre la nostalgie dans grands moments divers, revivre les moments plutôt que d’en créer des nouveaux. Déception dans sa piètre jeunesse, il n’aura su que vivre dans le passé.
 
Une éducation l’accablait depuis 16 années déjà, 16 années à ronger son frein à entendre son père chanter les aires les plus célèbres des plus grands tels que Pink Floyd et Led Zeppelin. Celui-ci clamait haut et fort que les plus beaux évènements d’une vie surviennent et réapparaissent trop tard, l’on le regrette toujours au bout du compte. Né dans les années 1960, il avait connu l’époque de l’industrialisation, vécu dans une grosse famille, développé une croyance conservatrice tenace. Il tenait pour acquis que les jeunes ne sont pas aussi polyvalents qu’auparavant et que la sévérité et la meilleure médecine à la lâcheté. Avait-il tort? Probablement que non, sauf que ses fils le feraient mentir tôt ou tard. La confiance est la clé partout, et la sur-protection d’une progéniture n’aide jamais celle-ci. Bien que le fils aîné comme le fils cadet ne portaient pas de casque, les limites étaient déjà préétablies. Ce père de famille flairait les hypocrites à plein nez, heureusement que ce don se transmis chez les deux jeunes des années 2000.
 
C’est ainsi que lorsque notre « héros » rentra à la maison, il se servit un jus de fruits fait de concentré, Dieu sait à quel point sa gorge s’irritait au contact de ce lugubre liquide. Sa famille semblait l’apprécier, il n’en faisait plus vraiment de cas. Tranquille à la maison familiale, il ne faisait pas de bruit. Toujours à sa place, il contemplait la collection de son feu grand-père qu’il lui avait léguée à sa mort. Et quelle collection c’était! Il pouvait dénombrer une vingtaines de cartables remplis de cartes de Hockey, d’articles de journaux, des affiches à l’effigie d’un joueur des Expos avec sa femme – La grand-mère décédée également du personnage de cette histoire – et une plaque de bois taillée à la main en forme du logo de la Ligue Nationale de Hockey. Avec, sur celle-ci, environ 20 rondelles des 20 équipes existantes. (À l’époque)
 
Quitter cette pièce lui était nécessaire, il avait goût de musique. Il entra dans son entre, la mélodie s’amorçait déjà dans sa tête. Il ne se pouvait plus que d’une chose, taper du pied et chanter. Plusieurs groupes qu’il affectionnait lui donnaient le goût de vivre jusqu’au lendemain, et ainsi va son existence, il était heureux! Il ne pensait déjà plus à sa peine d’amour récente, aux décès de ses êtres chers, mais beaucoup plus au système de son que son paternel lui avait offert il y a quelques années. Celui-ci avait appartenu au frère de son père biologique – notre héros n’est pas adopté – au moment de sa mort tragique. Happé par un ivrogne en voiture, quelle fin atroce pour un être énergique. Il vivait à 100 à l’heure. L’ironie, c’est qu’il venait de donner un coup de main à un citoyen sur le bord du chemin. Quel bon samaritain c’était!
 
Le moment lui était venu de monter le volume de sa chanson fétiche de l’album « Dark Side of the Moon ». Un chef d’oeuvre que nul ne peut contourner en matière de mélodie harmonieuse. Le son qu’effectuaient les musiciens était fantastique, sûrement qu’ils se virent attribuer le don de « Dieu ». Dès lors, une décharge électrique déferla dans le corps de celui qui est surnommé affectueusement « la tapette », il s’effondra à ce moment sur son ordinateur portable. Objet technologique créé pour flouer les gens assez pauvres pour rêver de vivre mieux. Ô qu’il regrettait de s’être procuré une pièce aussi désastreuse…
 
À son réveil, il se vit parler devant 30 élèves, dans une classe tendue, et se qu’il ressentit lui servait de seconde claque au visage. Il avait une boite de mouchoirs à la main, les larmes aux yeux, et s’efforçaient pour respirer du mieux qu’il pouvait. « Je suis écoeuré! J’en peux plus! J’veux que vous me foutiez la paix! J’vous ai rien fait à vous, ça fait des années qu’on me niaise, m’intimide, ça vous apporte quoi sérieusement? HEIN! J’attaquerai personne ici, ceux qui sont concernés se reconnaitront! » C’était lui… en secondaire 1, un cours de math. La veille, il avait rêvé que la seule solution à ses problèmes d’intimidation était le discours. Il n’avait vraiment plus rien à perdre, c’est ainsi qu’il se retrouva devant des élèves estomaqués par le front de l’élève peiné, ceux-ci se virent honteux et penauds. Que feraient-ils quand celui-ci éclateraient véritablement en sanglots? Revivre le souvenir qui lui avait permis de vivre seul et correctement lui insufflait du courage, mais était-il assez fort pour résister à la tentation de rester dans ce monde? La foule – sauf les intimidateurs les plus malhonnêtes – acclamèrent le courage de celui qui avait démontré « du courage ». Pour ce dernier, ce n’était pas le cas, il n’était qu’un cas désespéré.
 
Mais nous n’avons jamais vraiment terminé…
 
«T’aimes ça hein?» 3 colosses lui attrapèrent les cheveux par le derrière la tête avant de l’affaler sur le poteau métallique droit devant. La douleur se fit vive, si intense qu’il perdit conscience pendant quelques instants. Les 3 malfaiteurs eurent tôt fait de déguerpir, personne ne verrait l’évènement de leurs yeux vus, ils seront acquittés. Alors donc, à son réveil, il aperçu deux personnes devant lui. Son ami, le seul véritable sur qui il pouvait compter à ce moment, et une fille – Une connaissance qu’il avait depuis l’âge de deux ans – pour l’accompagner à l’intérieur. Ce n’était pas tout à fait fini, puisqu’il entrevu son frère avec la langue collé à un poteau métallique gelé – ironique non? – sous des cris effarés de filles hystériques. Il se trouva que cela représentait le primaire, quel scolarité merdique. La douleur du coup se fit plus virulent, plus vrai et beaucoup plus fort que ce qu’il avait prévu au préalable. Il appréhendait chaque interventions violentes contre lui, ce ne fût pas une surprise. La migraine le terrassait, il pleurait, personne n’intervenait vraiment. Méritait-il cela?
 
La sueur qui coulait sur son front avait déréglé son ordinateur portatif, de sorte qu’il avait tombé en panne. Les yeux rouges, il se les frottis et se jura d’oublier jusqu’aux moindres détails ces incidents malheureux. Il ne semblait pas d’humeur à comprendre la leçon donnée…
 
Que se passera-t-il ensuite?

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~ par revenger0794 sur 16 juin 2011.

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