Le voyage – entre deux mondes

•13 juin 2013 • Laisser un commentaire

Le voyage – Entre deux mondes

 

Ma tête survole les plaines de l’Alberta alors que je redescends finalement sur terre, après un passage à vide d’émotions et de peur je peux finalement ressentir le froid qui traverse le poil de mes bras pour ainsi se rendre jusqu’à mon cerveau : l’hôte de tous mes maux et de mes problèmes. L’accueil désastreux que l’on m’a fait en haut n’est rien à comparer avec ce passage incroyable et fantastique qui m’a permis de comprendre que la mort est transitoire, qu’il est un songe. Je ne ressens plus la peine qui m’a été infligée autrefois, je sens au contraire que je fonds dans la masse, et lorsque j’aurai traversé ses plaines historiques, je pourrai rentrer dans mon patelin pour contempler les oiseaux voler et le vent m’attaquer de plein fouet.

 

Mon visage morbide se redessine, je me rappelle de la personne qui en avait fait le portrait, son nom me parait fort flou mais je reconnais ses traits dans mes souvenirs qui sont tout aussi embrouillés par mon départ brusque vers l’au-delà. Et au-delà de l’appréhension que mon retour a su susciter, je recherche la désespérance que mon artiste m’a prodiguée. Je retrouve dans ce nuage qui se rapproche la personne qui me déteste le plus, et je sais maintenant que tout est fini, je peux me conter chanceux de pouvoir maintenant sourire de nouveau de toute la fausseté que j’ai vécue. J’ai disparu pour je ne sais pas combien de temps et je sais malgré tout que tout ce qui m’attends c’est mon départ de mon ancienne vie misérable qui ne m’apportait seulement que de malheureux évènements. Et si le sang qui coulait autrefois n’était que le signe que je me devais de quitter pour mieux revenir sous une toute autre identité? Et pourtant, je m’y reconnais encore un brin… Sans cette odeur de carcasse qui autrefois entravait mon nez des plaisirs fins qui m’étaient offerts.

 

J’ai dû parcourir bien du chemin pour me retrouver en si bonne posture après avoir évité la mort en la vivant. J’ai dû travailler sur moi-même, chercher pourquoi je me donnais autant de trouble, pourquoi je demeurais si dur envers ma propre personne qui ne faisait que se battre pour goûter à un petit quelque chose de plus spécial. J’aurai cependant prit un mauvais tournant et je m’aurai avoué vaincu bien malgré moi dans la tourmente du temps. Entre deux mondes, je redécouvre enfin pourquoi j’étais parfois considéré comme un érudit, une personne brillante qui obtiendrait une réelle chance de se faire valoir dans la vie. Et cette personne brillante n’y croyait plus, avait perdu tout espoir de se retrouver de nouveau parmi l’élite des gens plus ou moins heureux. Tous ces gens qui goûtent au bonheur sans le vivre. Moi je goûtais au malheur et le vivais dans mon fort intérieur, un fort intérieur qui valsait au son d’une seule voix qui ne lui voulait que du tort. Il a fallu me battre pour mon vécu, ma vie, mes inspirations, mes ambitions, mes rêves, mon cheminement, mes accomplissements passés/présents /futurs et tout ce que le reste comporte. Mon aura et mon énergie débordantes ne demandent plus qu’à quitter mon corps pour toucher le peuple devant moi, je veux maintenant guider les gens vers la vie telle que l’on ne la connait pas.

 

Je suis bientôt arrivé, je sens finalement mes rêves redevenir possibilités, je peux maintenant me permettre de ne plus me contenter de ma propre médiocrité et espérer le mieux pour les miséricordieux qui n’attendent qu’un simple messie, alors qu’ils le possèdent eux-mêmes dans le fin fond de leur âme. Chacun d’entre nous, porteurs d’âmes, ne demandent qu’à explorer nos personnalités connexes pour découvrir la réelle étendue de notre puissance, de notre potentiel infini qui peut s’échelonner sur un impact planétaire, ensembles, toujours.

 

J’attends impatiemment de survoler Montréal pour me diriger vers le Saguenay qui m’a recueilli en temps de crise. Le Cégep de Jonquière, également hôte de mes malheurs multiples, ne demande plus qu’à réobtenir celui qui autrefois voulait changer les choses dans la vie. Et je désire le redonner ce qu’ils m’ont offert, une chance ultime pour me faire valoir.

  

Mes amis et ma famille m’attendent aussi, mon cœur illuminé d’attente le ressent jusqu’au plus profond de mon esprit songeur et qui, auparavant, était trop perturbé pour contempler les bonheurs du soutien familial. Inquiètes-toi pas le frère, Marc n’est pas mort, il a simplement eu besoin de crever pour mieux ressusciter de ses cendres. J’entrevois la neige à travers mes vitres de lunettes craquées, et pourtant nous sommes en avril… Ah oui, j’arrive enfin au Saguenay afin de retrouver les gens que j’aime!

 

Je remets enfin les pieds bien ancrés au sol. Je réapprends progressivement ce qu’est la marche réelle, et je découvre une démarche nouvelle. Je gambade littéralement dans le stationnement et j’aperçois des voitures de toutes sortes. Je vois également celle à mon père, une vieille, très vieille voiture usagée. Celle à coté par contre est mal stationnée, une petite echo bleue, elle me dit quelque chose mais bon, à quoi bon se poser cette question futile?

 

Bien installé dans le couloir blanc et lugubre de l’hôpital, je regarde ces malades qui savourent les derniers moments de leur existence cloués dans un endroit trop peu accueillant. Les machines s’animent à mon arrivée, comme si une fanfare démarrait. Les sourires absents me confirment que j’ai entrepris la bonne voie, la voie qui me permettrait d’à nouveau humer l’air ambiant et si pur de notre belle boule bleue. Je goûte pratiquement la lasagne fantastique qui est servie aux patients. Ils semblent dégoûtés, mais ils ne savent pas ce qu’ils manqueraient, en haut. Ne plus goûter… C’est tellement horrible.

 

Mon voyage se termine presque, j’ai si hâte de voir mes parents heureux de me revoir. J’ai hâte de leur offrir mon premier vrai sourire en 1 an. Ahh, mon voyage qui m’a permis de me ressourcer et redevenir moi m’a tellement servi, c’est indescriptible. J’espère au moins ne pas les avoir trop inquiéter…

 

Mais comme il fallait s’y attendre, ce n’est pas en mourant une fois que l’on redevient quelqu’un. Les machines branchées sur le corps meurtri de Marc, les regards globuleux et vides des parents, de ses amis et de Marie-Claire – qui tient son porte clé… d’une echo bleue – confirment que tous ne sont toujours pas remis de la disparition du porteur d’âme. Celui-ci est toujours tout aussi vivant, mais il est désormais entre deux mondes, piégé par le manque d’espoir de ses proches qui sont sur le point de tout abandonner, désirant libérer la victime de ce supplice. Mais ils ne savent pourtant pas qu’il est là, attendant qu’on lui confirme que son cœur bat de nouveau à plein régime. Il est là, ce sont eux qui n’y croient plus.

Le destin

•5 février 2013 • Laisser un commentaire

Le destin

 

Qu’est-ce que je viens d’écrire? Je ne le sais même pas moi-même.

 

Quand l’adversité t’affronte, te confronte

Tu es mis sous pression, une pression énorme

Et les décisions s’entrechoquent, te freinent

C’est à ce moment là que le destin embarque

 

T’es assis sur tes deux genoux souffrant le martyr

Tu demandes rançons eux gens qui t’ont fait mentir

Tu demandes pardon au père qui te disait que t’étais rien

Et tu embrasses ce destin qui désormais te freine

 

Échappes-toi dont avant que cet enfer te prenne

Enfuis-toi de cette emprise d’enfer

Regarde devant et non derrière

Puisque derrière se trouve ton destin qui t’regarde

 

Elle te chuchote à l’oreille combien elle tient à toi

Qu’elle est la décision que t’avait à prendre

Tu la renies, tu l’oublies

C’est dans le pétrin que t’as bien failli te mettre

 

Et c’est dans le pétrin que tu ressors

Avec, encore, ton destin à la porte

Tu te rends compte de ta perte et l’étreins

Plus jamais il n’y aura de chagrin

Allez, sautes!

•21 janvier 2013 • Laisser un commentaire

Allez, sautes!

– Je ne le ferai pas c’est trop dur

– T’as peur de quoi? Il n’y a pas de danger!

– Pourquoi tu me pousses à faire ça?

– Et pourquoi pas?

– Tu me forces à faire ce que je ne veux pas!

– Tu te forces à éviter ce que tu dois faire!

– Tu ne me convaincras pas!

 

Sautez… On m’oblige à me lancer dans une aventure grotesque, dans un univers parallèle, à devoir me lancer sur une occasion qui, supposément, ne se présente que très rarement dans une vie… Mais si je ne voulais pas la prendre, cette occasion?

 

L’homme était prit au dépourvu. Prit dans une spirale de décisions qui influenceraient sa vie pour toujours, prit dans une spirale d’émotion qui pourrait le tuer à petit feu ou le rendre plus fort. Rendre l’homme efficace, lui rendre une certaine valeur aux yeux d’autrui. Et si cette occasion, il ne voulait pas la prendre, c’était par peur de se conformer, de suivre la parade. Il voulait devenir lui, et non faire parti d’un tout déjà construit. Il voulait devenir une figure importante, pas faire de la figuration. Il voulait sauter, mais il ne savait pas si c’était la bonne décision à prendre.

 

– Et toi, pourquoi tu ne sautes pas?

– Je te demande pardon?

– J’ai dit, pourquoi est-ce que tu ne sautes pas, toi?

– Ce n’est pas ma voie, ma destinée

– Tu m’as emmené ici pour que je saute, mais pourquoi faut-il que je le fasse quand toi tu me regardes en sachant très bien que je ne reviendrai pas!

– Ce n’est pas vrai ça

– Si ça l’est

– Nenon

– Alors pourquoi avoir peur de faire le grand saut quand tu le peux, toi aussi?

– Tu racontes des sottises

– Tu m’as pourtant dit que tu ne m’abandonnerais plus…

 

La femme, elle, était dans une spirale d’émotion affective qui pouvait affaiblir les plus forts. Elle avait tant sacrifié, tant abandonné pour finalement presque perdre l’amour de sa vie. Et cette fois-ci, celui qui autrefois était prêt à se lancer devant un camion pour elle ne sauterait pas sans sa campagne. Il sauterait si elle aussi, elle le faisait. Mais elle était tant fragile, une confiance frêle se mêlait à son indécision…

 

– Je ne saute pas

– Pourquoi pas?

– Parce que depuis des années que tu me fais la même rengaine. Je te connais Marie-Claire, tu abandonnes toujours tes rêves aux profits des miens! Ne puis-je pas vivre les miens avec les tiens?

– Il n’en est pas question!

– Tu as peur de te lancer toi aussi, pas vrai? Toujours ignorer ce que les gens qui te plaisent et à qui tu tiens te disent vraiment. Tu ignores leurs propos parce que tu as subit tous ces traumatismes… Mais va falloir les oublier ceux-là. Tu es là, avec moi, et nous sommes sur le point de prendre la plus grande décision de ta vie!

– J’ai peur…

– Et moi aussi. Je dois malgré tout faire la grande demande, et je ne peux pas le faire sans toi…

– Je ne me sens pas prête… Je ne suis pas digne…

– Je pense qu’avec tout ce qui s’est passé, tu as prouvé le contraire…

 

L’homme, agenouillé, s’adressa droit devant elle, les yeux perçant son âme féminine le mieux qu’il pouvait. Il venait de recueillir la force nécessaire pour faire la grande demande, il n’avait maintenant besoin que d’une main… La sienne.

 

– Je ne ferai pas le grand saut sans toi. J’ai besoin de toi Marie-Claire. Si tu ne viens pas avec moi, à la vie et à la mort, je ne pourrai jamais y arriver. Acceptes-tu d’être à mes cotés?

 

Un genou sur le sol, les yeux dans les siens, il prit la bague de sa poche, prit la main de sa douce et lui enfila l’anneau de métal orné d’un diamant.

 

Les seuls mots prononcés furent…

 

Oui, je le veux

 

Chapitre 8, bientôt

L’enveloppe et le secret

•8 janvier 2013 • Laisser un commentaire

« N’ouvrez pas cette enveloppe! Tuez-moi mais ne lisez pas le contenu de cette lettre je vous en prie! » La douleur sur son visage n’était rien à comparer avec celle qui surgissait de son coeur alors que son ennemi juré tenait devant lui un couteau permettant d’ouvrir son monde à lui. « Tues-moi je t’en supplie, tues-moi.. » Ligoté sur une chaise couchée sur le sol, il ne pouvait plus bouger. Les boursouflures qui recouvraient son visage témoignaient de la violence de l’intervention. Il avait été enlevé, séquestré, torturé et les informations qu’il détenait allaient bientôt le mener à sa perte. « Je ferai n’importe quoi mais n’ouvrez pas cette enveloppe » Ses ravisseurs ne réagissaient plus à ses demandes et caprices. Ils demeuraient stoïques devant la souffrance qu’enduraient Alexandre, qui suppliaient en lichant le sol de le tuer pour qu’il n’ait plus à vivre avec ce secret infâme qui le ronge de l’intérieur. « C’est ma vie, mon jardin secret, mes vices cachés, mon intégrité! Vous me violez! »

 

Il ne cessait plus de crier à tue-tête. Il désirait tellement être écouté et entendu, il essayait de convaincre son ennemi de le laisser partir, de le libérer de ses tourments. Autour de lui, il voyait un sous-sol gris et craquelé de par les mûrs des fondations. Sur certains d’entre-eux, il pouvait remarquer les inscriptions « Pig piggy pig ». Le sang séché qui arborait les meubles du sous-sol l’accablait cependant moins que la menace réelle qui se tenait devant lui. Il ne se souciait plus de la mort, sa première grande peur, puisque la peur de devoir dire la vérité et d’être jugé était encore pire. « Je t’en supplie, ne livre pas la vérité au monde. Ils ne sont pas prêts, ils ne le seront jamais » Mais ses ravisseurs le regardaient avec exaltation, mépris et préjugés. Ils prenaient plaisir à tuer à petit feu une personne qui croulait sous la pression de la société. « Je suis différent vous voulez j’fasse quoi! Tuez-moi j’pu capable.. » L’indifférence de ses ravisseurs lui lança une claque au visage qui le fit virevolté dans tous les sens. Son ennemi, Jim, replace la chaise de la victime avec précaution et minutie.

 

– Tu vois cette lettre mon gars? Tout le monde va savoir ta passe croche. Tout le monde va savoir la vérité. Que tu mens aux autres, que tu craches par terre devant tous ceux qui te font confiance. J’anéantirai ta vie comme j’anéantirai celles qui sont liées par ce secret. Le plus gros secret de ta vie, que veux-tu? T’aurais dû ne jamais te lancer dans une histoire aussi croche pareille.

 

Mais Alexandre n’entendait plus à rire. Il ne voulait pas vivre la délivrance de son secret. En larmes, il jura de ne plus recommencer, il jura qu’il allait annoncer aux personnes concernées le vice caché qu’il entretenait. L’oeil gauche à moitié fermé et la bouche ensanglantée, il procéda à ses dernières paroles avant d’achever sa vie. «

 

– Non non non Alex, tu t’en sortiras pas en mordant sur ta langue. Maintenant que tu veux tant que ça que je livre ton secret, je le ferai pour toi. Où est ton cellulaire?

 

– Y’en ai pas question j’te le donnerai pas! Tues-moi qu’on en finisse merde…

 

– Oh, ça me demande ce service là en plus? Tu te mens à toi-même et je suis le seul à pouvoir rendre justice sur cette région offusquée par ta réticence à parler. Tout le monde attend que tu parles, agis.

 

– Vous ne comprenez et vous ne comprendrez jamais!

 

Tout d’un coup, les murs semblaient tourner dans tous les sens. Étourdi, Alexandre se cogna la tête sur le sol et s’évanouit, tout en vomissant les derniers mots d’une personne désespérée. La pièce se transforma quelques minutes plus tard. Passant d’une pièce de torture à une chambre des maitres, la pièce remplaçait le rouge sang des meubles avec un rouge cerisier des murs. Les fenêtres barricadées laissaient place à des portes françaises. La lumière perçait la fenêtre et atteignait le front en sueur d’Alexandre, qui était incapable de se réveiller.

 

Le même manège se produisait pendant des heures, alors que la pièce changeait constamment de décor. Parfois, la chambre était verte pâle. Les murs étaient couverts de lambris (vers le bas). Le lambris était teint en brun. Il avait été fait à l’éponge, démontrant que le travail fut manuel et maison. Autrefois, la chambre laissait place au jaune éclatant recouverte de posters. Les murs étaient craqués de partout, mais étaient tout de même solides. La dernière pièce se voulait aussi jaune, mais plus triste. Mélangeant le vert et le jaune, cette pièce était cette fois-ci féminine. Cependant, toutes les pièces avaient un miroir bien en place à coté du lit, où Alexandre se retrouvait dès à présent.

 

Se réveillant en sursaut, pyjama compris, il tapota son front plein de sang séché et de sueur. Regardant par terre, il remarqua un verre de cognac installé à proximité du matelas ainsi que du vomis et du sang. Des cheveux étaient postés tout prêts, démontrant la violence de l’impact. Regardant le miroir à coté de lui, il pleura les dernières paroles de sa vie, avant de se jurer qu’il garderait son secret pour lui, désirant vivre dans la douleur pour le reste de ses jours et faire place à quelques personnes auxquelles il tenait tant. Le miroir, lui, le regardait avec mépris et le menaçait d’ouvrir l’enveloppe. Emprunt de rage, Alexandre se leva, tituba jusqu’au verre… Et cria

 

« JAMAIS! »

 

Le miroir n’était plus

Comme à la guerre

•8 janvier 2013 • Laisser un commentaire

Un territoire infesté par la peste se voit ravagé par les cruels guerriers des terres québécoises, en plein coeur de la province. Tentant de garder le fort devant ses ignobles monstres, le peuple feuillu se préparait à la charge alors qu’un seul homme se campait sur une colline éloignée, analysant les faits et gestes de l’ennemi. « Mais qui est cet homme prince? » « Un homme que je n’aurais jamais dû affronter, un homme plus grand que nature, la seule personne qui détienne ce que je possédais autrefois, le projet de toute ma vie. » Assoiffé de vengeance et terrifié par les représailles de la Reine, il n’avait que faire des plaisanteries. Aujourd’hui serait le jour de la rédemption, la colère du soldat avait atteint son paroxysme, il était fin prêt à tout affronter, à tuer cette personne qui venait d’acquérir cette pierre précieuse forgée de par les montagnes du fjord. Une pierre précieuse et extrêmement rare que l’on ne trouve seulement qu’avec des milliers de kilomètres de parcourus. C’était la quête inatteignable que jadis le prince avait réussie à accomplir. Épée à la main, rancoeur dans l’autre, il s’apprêtait à tuer celui qui hantait ses cauchemars et gâchait ses rêves les plus fous. Toutes les nuits étaient comblées de désespoir et de sang, celui qui coulait de ses veines tranchées de manière effrontée. 

 

Après avoir marché dix kilomètres et avoir avancé à travers différentes embuches, notre prince était désormais accroupi à travers la pénombre dans la forêt qui surplombait le royaume de Montcalm. « Majesté! » « Qu’y-a-t-il mon brave? » « Il y a quelque chose qui ne va pas par ici, regardez tout autour de vous! » Le vent soufflait très fort et pourtant c’était une journée parfaite d’été. Les branches s’agitaient et cassaient que trop rarement. Différents arbres se chevauchaient, dont certains que l’on pouvait croire enchantés. « Les chênes semblent impossibles à perturber, mais regardez-les bouger! Les bouleaux sont dévorés par la chaleur obscure qui nous obscure et… Ah non ce n’est pas vrai! » « Dites mon brave! » « Les légendes racontent qu’un jour de canicule au centre d’une contrée conquise, au soleil couchant, les pins seraient tendres, plieraient et bloqueraient le passage aux nouveaux venus! » « En Français je vous en prie, je ne suis pas friand de ces mythes urbains! » « La ville est bloquée, nous ne pourrons pas passer »

 

Le prince gagna son épée, bien enfouie dans son fourreau, et courra droit devant, frappant toutes les brindilles qui lui écorchèrent le visage. Continua son chemin, il pouvait observer sa fameuse pierre emprisonnée dans un rocher. Le rocher avait la forme de son pire ennemi et la pierre était encastrée sur le coté gauche de cette poitrine créée de toutes pièces. « Bon Dieu de merde » Le noir obscure de la nuit a cependant eut tôt fait de gagner le coeur du héro qui s’écroula sur le sol, face contre terre. Se remémorant les souvenirs qui l’avaient marqué, il n’oublierait jamais les moments où il traqua cette proie qui lui était sienne. Aujourd’hui disparue, il savait qu’il devait contenir sa magie et sa puissance dans un endroit scellé, où le monde s’écroulerait avec son royaume d’Érables…

 

Tu as du culot de t’amener ici espèce d’imbécile. Tu croyais tellement bien faire à t’aventurer tout seul, mais saches que cette pierre, elle m’a tout dit. Elle me raconte tout, elle dévore d’envie de m’appartenir. Elle est à moi, rien qu’à moi, et je réduirai ton coeur à néant en déclarant sa puissance noire sur tous les cieux! Seule elle peut vaincre le bien et faire triompher le mal. Mais toi, maigre escroc de la famille Mayou, comment pensais-tu t’en tirer ainsi? Tu n’es que le dernier d’une lignée honteuse qui a souillé ce continent, il t’est impossible de me vaincre!

 

Ah bon? Je te rappelle que je l’avais avant toi, non? N’eut-été de ma mésentente avec sa magie, je l’aurais maitrisé! Mais tu l’as manipulé à ta guise, tu as ruiné des années passées à forger dans le centre même de la Terre une étoile, une divinité, une existence glorieuse qui n’aurait jamais dû te tomber dans les bras! Elle était trop bien pour ça!

 

Tu te racontes des histoires cher prince. Que c’est beau à voir, l’illusion d’un homme perdu par ses propres ambitions. Je savoure à l’instant tout son désir envers mon corps et mon esprit. Je suis l’exemple même de la suprématie, tu ne pourras jamais m’arrêter. Je suis trop beau, trop bon, je possède tout ce que tu n’as pas. Je suis l’incarnation même de ton rêve le plus fou.

 

La vérité éclatera au grand jour quand j’aurai risqué pour une dernière fois toute ma vie pour qu’elle tombe entre de bonnes mains. Ça aurait pu être n’importe qui, mais ça devait être toi, Roi de la pointe. Est-ce que ton junior second du nom sait que sa mère est une nécromancienne hypocrite qui a trahi ma légion d’honneur en ces temps de guerre puérils? Est-ce qu’il sait à qui il fait affaire quand on lui parle de Janel le grand? 

 

Et toi est-ce que tu sais à qui tu as à faire? Tu as à faire avec l’écorcheur sanguinaire qui n’a que faire des merdes dans ton genre!

 

Il serait peut-être temps que Thomas réalise que ce n’est pas par les muscles que l’on devient GRAND! J’ai obtenu ce titre par le coeur.

 

Ton coeur qu’elle a brisé en mille morceaux?

 

Non, mon coeur réparé qui s’apprête à mourir de nouveau pour elle et ma patrie, sa réelle destination.

 

En disant ses mots, le coeur de Janel le grand éclaira la salle au complet d’une lueur orangée. Les guerriers des Érables pénétrèrent la forteresse et terrassèrent  les soldats qui défendaient l’étoile dorée qui s’était enfouie dans le sol quelques années plus tôt. Parti à la recherche de cette dernière, Janel avait risqué son existence pour redorer le blason d’un continent qui en avait besoin. Les recherches effectuées lui avaient permit de découvrir toute l’étendue des constellations au dessus de sa tête. Cependant, au fil des années, il perdu le contrôle de tout et voua une admiration sans égal à ce vulgaire tas de poussière…

 

Se libérant des mailles qui le retenait, Janel prit son courage, réalisa son souhait le plus fou – celui de la retrouver – et frappa à mains nues son truand qui retenait tant bien que mal la colère du Grand qui ne cessa jamais de frapper. Frapper, encore plus, terrasser, tuer, exterminer Thomas qui ne lui servait désormais que d’obstacle à son objectif ultime! « C’EST À JANEL LE GRAND QUE TU T’ADRESSES, FILS DE PUTE » À l’aide de l’étoile, il enfonça tout son désir de vengeance en plein coeur de son ennemi qui mourra sur le coup. Puis, plus rien, le silence régnait. Il ne lui restait qu’une seule chose à faire avant de quitter…

 

Je dois la ramener… À la vie.

 

Par la misère des Dieux, pour tous ceux qui auront perdu la vie pour tes beaux yeux, pour ta puissance éternelle qui enflamme les mortels, pour redorer une planète qui en a bien besoin, pour permettre à une planète entière de manger à sa faim, pour revenir à moi et ainsi me pardonner, je te demande par pitié…

 

Reviens à moi, je t’en prie…

 

À l’amour…

 

Comme à la guerre

La porte et les deux clés

•7 janvier 2013 • Laisser un commentaire

Un homme se trouvait dans une maison centenaire qui appartenait à ses arrières grands-parents. Il en avait hérité lors du décès de sa mère, qui lui avait laissé la plus grosse part du gâteau. En effet, il était le plus dévoué de la famille, le plus respectueux et généreux. Il était le benjamin, le mal-aimé des frères et soeurs… Mais aussi celui qui avait moins réussi dans la vie. Ne l’aillant pas eu facile lors de son existence, il ne savait plus quoi faire avec cette baraque. Devait-il la conserver ou plutôt la revendre au gros prix, pour ainsi retrouver le chemin du succès? Écrivain de nature, il s’était recyclé en conseiller municipal, faute d’avoir échoué lors de la sortie de son troisième bouquin.

 

Lors d’un matin d’été, au gros soleil, il décida qu’il était temps de retourner dans la pièce contenant les vieilleries de la famille. Cette pièce était scellée sous clé, il n’y avait pas moyen d’y entrer à moins d’avoir la bonne recette secrète : Et le seul qui l’avait, c’était Chris le mal-aimé. Cependant, lors de l’héritage (la délégation de celui-ci), la mère de la famille donna une seconde clé standard que l’on acquiert très facilement partout dans les quincailleries. Alors, en cette journée chaude d’été, il voulait faire le grand ménage.

 

Au moment d’entrer dans la pièce, le téléphone sonna. C’était son ex-femme, une femme charmante qui lui avait sauvé la vie. Cependant, quand l’on remonte plus loin, on se rend bien compte de l’animosité et de l’amour qui subsistaient toujours. Il ne fallait pas être devin pour deviner que des obligations les avaient séparés. En raccrochant, il lança de toutes ses forces le téléphone sur la porte secrète. Celui-ci se fracassa en mille morceaux… Était-ce le signe que la réconciliation était désormais impossible ?

 

Il prit la clé qui en avait vu des gens passer dans la maison. Tout en faisant bien attention de ne pas brusquer la serrure, il tourna le loquet délicatement… Sans succès. La porte ne voulait pas s’ouvrir, il lui était impossible d’accéder à la pièce contenant tous ses meilleurs souvenirs. Cette maison préservait une énergie positive… Une bonté sans égale. Sans elle, cette maison n’aurait pas d’histoire –Mais un mystère flottait dans l’air à chaque fois qu’un étranger foulait le sol de l’habitation- la famille était en effet philosophe dans ses démarches peu orthodoxes. Elle savait comment stimuler l’énigme qui existait à l’intérieur des fondations du centenaire.

 

L’homme persista donc, réessaya d’entrer dans la pièce pour finalement retrouver ce dont il avait de plus cher dans sa vie… Toujours sans résultat concluant. Regardant la vieille clé, il se jura qu’elle allait déverrouiller la – maudite pièce- Mais… La mère de famille avait laissé un dernier cadeau à son benjamin…

 

La nostalgie s’empara dès lors de Chris qui, abandonnant son projet d’ouvrir la porte, décida de s’assoir dans le salon. Il regarda autour de lui les sièges les plus confortables avant d’opter pour le brun. Son tissu soyeux lui rappelait son ex-femme… Puisqu’elle le lui avait offert en cadeau pour son 30ème anniversaire. Maintenant âgé de 43 ans, il ressassait encore et toujours les raisons de leur rupture, et tentait de trouver les réponses à ses questions. Mais il n’y avait pas que ça! La porte ne voulait pas se déverrouiller malgré la clé de la famille qui se passe de générations en générations.

 

Lors de la distribution des biens, le jour du testament final, il reçu une lettre qui accompagnait l’autre clé en apparence banale. Chris avait toujours pensé que cette clé n’était qu’une métaphore, un mythe, qu’elle ne faisait qu’ouvrir une autre pièce secrète dont sa mère avait la réponse, la cachette… Alors, avec un verre de whisky à la main, il décocha la lettre qui lui était destinée.

 

Mon cher Chris,

Je sais que tu ne l’as pas eu facile, ta vieille mère te connait et elle t’a vu tituber pendant des années avant de te voir mettre pieds à terre dans un domaine qui ne te plait pas. Je sais que, le jour où tu liras cette lettre, je serai morte. Cela va de soi, mon choix était déjà fait. Tu sais aussi que ta bonne mère adore les mystères, et voici le dernier qui te sera confié. Plus de menteries, plus de leçons abracadabrantes concernant notre vie de famille. C’est terminé. Je voudrais te dire avant de te quitter pour toujours… Que je serai toujours dans ton coeur ; ma mort et mon absence ne justifie pas le fait que je serai toujours là pour toi. Il existe toujours un dernier moyen pour me trouver… À toi de chercher.

Je t’aime

Maman xox

 

Chris lisait, relisait, se resservait d’autres verres d’alcool forts qui eurent tôt fait de le rendre KO sur le divan à 1h du matin. Il tentait en vain de résoudre l’énigme qui lui était posée, d’ailleurs, il ne savait même pas quelle était cette énigme. La clé qui y était attachée ne semblait même pas être en lien avec les derniers mots de sa maternelle, alors il l’a mit de coté. En persévérant, il croyait pouvoir déchiffrer ces dernières paroles dignes des Laforge.

 

Le lendemain, toujours affalé sur son divan, il fut réveillé par la sonnerie de la porte d’entrée. Faisant un sursaut, il n’entendit pas l’invitée entrer… Son ex femme se tenait debout, le regard triste et indulgent.

« C’est quoi ça »? Qu’elle lança, pointant la lettre de sa mère.

« C’est une énigme… Mais je ne sais même pas quelle est-elle… Et pourtant, j’aime jouer avec les mots, tu le sais bien… Ahh et ma tête elle me fait tellement mal..! »

« Tu devrais te remettre au travail et arrêter de boire, ce n’est pas bon pour toi »

« J’ai recommencé depuis que tu m’as quitté je n’y peux rien… Et pourquoi es-tu ici? »

« J’ai laissé mes affaires dans la chambre de débarras, je dois aller les chercher »

« Je t’en prie… On peut discuter avant… »

« Ça ne marche pas, ça ne marchera plus. Trouves autre chose »

 

Les yeux de Chris s’écarquillèrent soudainement, réalisant l’éclat de génie qui le transperça. Il accouru vers la clé qui lui était destinée et monta les escaliers à toute vitesse! « Mais tu fous quoi là? » « Je répare finalement les pots cassés » Maintenant posté devant la porte de bois et de fer, vieille comme la maison, il la regarda fixement, oubliant ses ennuis qui l’incommodaient depuis déjà bien trop longtemps. « J’aurais dû le savoir plus tôt » Il déverrouilla enfin la porte…

 

À l’intérieur de la pièce ne se trouvaient plus les objets de son ex-femme mais bien les objets d’un couple prenant une pause. Il y avait tout soient le lit double « king size » ainsi que la table de chevet. Sur la tête de lit se retrouvaient la bague de fiançailles de Stéphanie qui regardait elle aussi le spectacle qui se déroulait devant ses yeux ébahis. « Fini les paradigmes, les jugements, les menteries et les peurs que l’on se fait. Si ça n’a pas fonctionné, c’est qu’on avait peur du jugement. Et si je ne suis plus capable de te ravoir, c’est que je dois cesser le même manège et te démontrer que j’ai encore une valeur plus grande que n’importe qui! Tu coucheras ici, nous vivrons heureux jusqu’à ce que tout se replace. » Elle hocha de la tête timidement, les larmes aux yeux…

 

Regardant la lettre et la clé qui déverrouilla la porte, il sourit. Il réalisa qu’il devait agir autrement pour regagner la confiance des autres, qu’il ne devait plus rien ne prendre pour acquis…

 

Sauf l’amour de sa mère

N’est-ce pas, Chris?

Les souvenirs le hantent – 1 et 2

•16 juin 2011 • Laisser un commentaire

Il bravera sans doute cet obstacle, un autre qui s’empare de sa joie pour lui enlever toute envie de poursuivre son « potentiel » succès futur. Un autre obstacle dont il ne pourra se départir, du moins, il devra vivre avec pour le restant de ses jours. Certains le feront rire, d’autres le terrasseront, plusieurs fois, pour ainsi mettre fin à cette quête qui le guide tant. Que fera-t-il quand, sous le coup de 12:00 AM, il se réveillera en sursaut, dégoulinant de sueurs, puisqu’il aura vu ce coup de poing l’atteindre à l’estomac?
 
Saga de Facebook: Les souvenirs le hantent
 
C’était un Jeudi soir, vers 8 heures moins le quart. La pénombre s’amorçait aux cieux, le soleil n’avait par contre pas dit son dernier mot. Tout était en place pour une balade tranquille, rien de bien menaçant à l’horizon. Que voulez-vous faire quand vous habitez à Plessisville? La ville où rien ne se passe vraiment à moins de chercher comme il le faut, la ville où le cimetière est la première option pour les plus nostalgiques. L’entrée clôturée laissait présager un certain doute sur ces défunts qui reposaient 6 pieds sous terre. Notre jeune bagarreur ne pouvait que renifler, sentir, ressentir les effets néfastes des déchets qu’étaient produits dans l’air ambiant. Ça sentait la merde. Vulgarité proprement dite, il s’empressait à recueillir ses derniers mots sur la tombe de son feu grand-père. Ahh, qu’est la vie qu’artifices, il n’aura vécu qu’une seule passion dans sa cave, à collectionner les vestiges d’une ère de Hockey maintenant révolue. Tous ces gens qui ne comprennent pas ce qu’est la vie finisse malheureux. Le 3/4 des gens qui reposaient ci et là représentaient cette catégorie de gens, triste fin pour des citoyens potentiellement honnêtes. 
 
Sa tombe se retrouvait à quelques pas de là. Auparavant, il marchait vers la pierre tombale en forme de Jésus Christ, celui qui règne sur tous ces catholiques de la planète. Et oui, le Pape n’est qu’un messager, le message provient du créateur, celui qui aurait sauvé des gens de la peste par un simple claquement de doigts. N’est que naïveté si l’on le veut bien, s’ils se complaisaient dans cette croyance futile, tant mieux! Il n’abordait pas cette idéologie où l’on s’assit jusqu’à ce que le paradis nous appelle. Son grand-père avait un cadre du Pape dans sa maison, à coté de la porte d’entrée, en guise d’invitation charnelle. Quelle bonne idée, quoi de mieux pour montrer combien conservateurs l’on est! Cependant, une bonne famille à l’ancienne éduquait leurs enfants du mieux qu’ils pouvaient. Tout honneur leur revient, le succès les attendait à la fin. 
 
Rendu à la tombe, il s’agenouilla prestement dans la terre trempée, il avait commencé à pleuvoir sur cette ville troublée par l’argent, l’hypocrisie, la traitrise, tout ce qu’il y a de bien quoi! Au moment où il termina ses mots d’affection, au moment où il se devait de quitter l’endroit, il posa sa main droite sur cette épouvantable pièce d’argile que représente le symbole d’une existence post-mortem. En un instant, il bascula à travers le temps et se retrouva couché sur son bureau, dans sa classe de secondaire 3, en pleine session de je pleure puisque je suis écoeuré de tout subir.
 
Son esprit était celui qui s’était empressé à dire ses bons vœux au cimetière, mais son coeur ne lui répondait plus. Il subissait cependant les émotions qu’il avait ressentis jadis, l’humiliation et la douleur des coups qu’il avait encore reçu au ventre. Ça lui démangeait de partir, pour toujours, ne plus rien savoir de ce monde qui le maudissait. Il était différent, mais avait-il une valeur réelle? Oui, mais ça, c’est très peu pour une école où la réputation fait foi de tout. S’il n’en tenait qu’à lui, il serait parti, pour toujours, plus rien savoir des gens qui le côtoyaient. Les pleurs déferlaient sans cesse sur son visage, et il ressentait la vive sensation de mal paraitre devant ses comparses de classe. Sa fierté s’en voyait affectée, pour une seconde fois, en fait, ce n’était pas la seconde fois, il avait subit ce genre de sévices bien plus que quiconque ne savait à propos de lui. 
 
Il voulait quitter cet endroit maudit…
 
Et se retrouva aussitôt dans un lit, la lumière se retrouvait éteinte. Il regarda l’heure: Rien Il n’avait pas regardé au bon endroit, et pour cause, ce n’était pas sa chambre à coucher. Son lit était deux fois trop petit pour sa taille, il faisait tout de même 6 pieds au moment de cet évènement. Il vérifia si l’on l’avait enlevé, volé, séquestré. Rien n’y fit, il était là de son plein gré. C’est à ce moment qu’il se remémora ses plus beaux jours des dernières années, là où il avait passé du temps avec celle qu’il aimait. En effet, 10 heures de route pour une fille comme elle, quelle perle! Il ne pouvait toutefois pas intervenir, il ne contrôlait pas son corps. Alors, il se souvenu d’un fait étrange, il avait vécu cela lors de sa première nuit dans cette vile mythique. Il en entendait parler à la télévision, sans jamais sourciller. Et maintenant, son coeur battait pour vivre, pour aimer, il n’avait jamais vécu cela auparavant, la douleur n’était plus, mais faisait place au bonheur que les jeunes personnes osent appelé: l’amour.
 
Il aurait espéré que ça dure pour l’éternité…
 
Mais, ce ne fût pas le cas. Il se retrouva, face contre terre, devant la pierre dont il ne se souvenait même plus de l’existence. Il venait de faire un bond dans ses souvenirs les plus fragiles. Maintenant, que ferait-il quand ses souvenirs le hanteraient en plein cours?

Les souvenirs le hantent (2)

Le retour à la vie quotidienne ne fut pas ardu. En fait, il avait d’autres chats à fouetter comme on dit, c’est à dire qu’il devait travailler 20 heures semaine pour payer ses futures études, étudier pour des examens reconnus comme difficiles, et il se devait d’établir un budget pour l’année suivante. Chose qui tient en haleine tout élève n’ayant pas droit à une bourse énorme, il aurait certes dû trouver du boulot plus tôt. Rien ne lui aurait fait plus plaisir que d’obtenir une paie de 150$ par semaine, et ce pendant tout l’année scolaire, mais le temps jouait maintenant contre lui.
 
Malgré tout, il recensait sans cesse les derniers événement survenus au cimetière. Quand ce n’était pas une voix – dans sa tête – qui lui indiquait le chemin à prendre, c’était un retour dans le temps. Ceci le bouleversa encore plus profondément que la peine d’amour subie il y a pas si longtemps. Peut-être qu’en refoulant des sentiments de hargne et de haine, un jour ou l’autre l’on finit par exploser de rage. Il l’avait fait maintes fois je l’admets, mais l’heure n’était plus à la colère. Du moins, c’est ce qu’il prétendait. Ô que mensonge et hypocrisie que lorsque l’on se ment à soi-même, c’est ce qu’il croyait, qu’il fusse envahi par la honte ne le tourmentait plus, il vivait avec comme si c’était sa drogue matinale. Il en avait besoin pour guérir de certaines lésions permanentes, il désirait plus que tout vivre la nostalgie dans grands moments divers, revivre les moments plutôt que d’en créer des nouveaux. Déception dans sa piètre jeunesse, il n’aura su que vivre dans le passé.
 
Une éducation l’accablait depuis 16 années déjà, 16 années à ronger son frein à entendre son père chanter les aires les plus célèbres des plus grands tels que Pink Floyd et Led Zeppelin. Celui-ci clamait haut et fort que les plus beaux évènements d’une vie surviennent et réapparaissent trop tard, l’on le regrette toujours au bout du compte. Né dans les années 1960, il avait connu l’époque de l’industrialisation, vécu dans une grosse famille, développé une croyance conservatrice tenace. Il tenait pour acquis que les jeunes ne sont pas aussi polyvalents qu’auparavant et que la sévérité et la meilleure médecine à la lâcheté. Avait-il tort? Probablement que non, sauf que ses fils le feraient mentir tôt ou tard. La confiance est la clé partout, et la sur-protection d’une progéniture n’aide jamais celle-ci. Bien que le fils aîné comme le fils cadet ne portaient pas de casque, les limites étaient déjà préétablies. Ce père de famille flairait les hypocrites à plein nez, heureusement que ce don se transmis chez les deux jeunes des années 2000.
 
C’est ainsi que lorsque notre « héros » rentra à la maison, il se servit un jus de fruits fait de concentré, Dieu sait à quel point sa gorge s’irritait au contact de ce lugubre liquide. Sa famille semblait l’apprécier, il n’en faisait plus vraiment de cas. Tranquille à la maison familiale, il ne faisait pas de bruit. Toujours à sa place, il contemplait la collection de son feu grand-père qu’il lui avait léguée à sa mort. Et quelle collection c’était! Il pouvait dénombrer une vingtaines de cartables remplis de cartes de Hockey, d’articles de journaux, des affiches à l’effigie d’un joueur des Expos avec sa femme – La grand-mère décédée également du personnage de cette histoire – et une plaque de bois taillée à la main en forme du logo de la Ligue Nationale de Hockey. Avec, sur celle-ci, environ 20 rondelles des 20 équipes existantes. (À l’époque)
 
Quitter cette pièce lui était nécessaire, il avait goût de musique. Il entra dans son entre, la mélodie s’amorçait déjà dans sa tête. Il ne se pouvait plus que d’une chose, taper du pied et chanter. Plusieurs groupes qu’il affectionnait lui donnaient le goût de vivre jusqu’au lendemain, et ainsi va son existence, il était heureux! Il ne pensait déjà plus à sa peine d’amour récente, aux décès de ses êtres chers, mais beaucoup plus au système de son que son paternel lui avait offert il y a quelques années. Celui-ci avait appartenu au frère de son père biologique – notre héros n’est pas adopté – au moment de sa mort tragique. Happé par un ivrogne en voiture, quelle fin atroce pour un être énergique. Il vivait à 100 à l’heure. L’ironie, c’est qu’il venait de donner un coup de main à un citoyen sur le bord du chemin. Quel bon samaritain c’était!
 
Le moment lui était venu de monter le volume de sa chanson fétiche de l’album « Dark Side of the Moon ». Un chef d’oeuvre que nul ne peut contourner en matière de mélodie harmonieuse. Le son qu’effectuaient les musiciens était fantastique, sûrement qu’ils se virent attribuer le don de « Dieu ». Dès lors, une décharge électrique déferla dans le corps de celui qui est surnommé affectueusement « la tapette », il s’effondra à ce moment sur son ordinateur portable. Objet technologique créé pour flouer les gens assez pauvres pour rêver de vivre mieux. Ô qu’il regrettait de s’être procuré une pièce aussi désastreuse…
 
À son réveil, il se vit parler devant 30 élèves, dans une classe tendue, et se qu’il ressentit lui servait de seconde claque au visage. Il avait une boite de mouchoirs à la main, les larmes aux yeux, et s’efforçaient pour respirer du mieux qu’il pouvait. « Je suis écoeuré! J’en peux plus! J’veux que vous me foutiez la paix! J’vous ai rien fait à vous, ça fait des années qu’on me niaise, m’intimide, ça vous apporte quoi sérieusement? HEIN! J’attaquerai personne ici, ceux qui sont concernés se reconnaitront! » C’était lui… en secondaire 1, un cours de math. La veille, il avait rêvé que la seule solution à ses problèmes d’intimidation était le discours. Il n’avait vraiment plus rien à perdre, c’est ainsi qu’il se retrouva devant des élèves estomaqués par le front de l’élève peiné, ceux-ci se virent honteux et penauds. Que feraient-ils quand celui-ci éclateraient véritablement en sanglots? Revivre le souvenir qui lui avait permis de vivre seul et correctement lui insufflait du courage, mais était-il assez fort pour résister à la tentation de rester dans ce monde? La foule – sauf les intimidateurs les plus malhonnêtes – acclamèrent le courage de celui qui avait démontré « du courage ». Pour ce dernier, ce n’était pas le cas, il n’était qu’un cas désespéré.
 
Mais nous n’avons jamais vraiment terminé…
 
«T’aimes ça hein?» 3 colosses lui attrapèrent les cheveux par le derrière la tête avant de l’affaler sur le poteau métallique droit devant. La douleur se fit vive, si intense qu’il perdit conscience pendant quelques instants. Les 3 malfaiteurs eurent tôt fait de déguerpir, personne ne verrait l’évènement de leurs yeux vus, ils seront acquittés. Alors donc, à son réveil, il aperçu deux personnes devant lui. Son ami, le seul véritable sur qui il pouvait compter à ce moment, et une fille – Une connaissance qu’il avait depuis l’âge de deux ans – pour l’accompagner à l’intérieur. Ce n’était pas tout à fait fini, puisqu’il entrevu son frère avec la langue collé à un poteau métallique gelé – ironique non? – sous des cris effarés de filles hystériques. Il se trouva que cela représentait le primaire, quel scolarité merdique. La douleur du coup se fit plus virulent, plus vrai et beaucoup plus fort que ce qu’il avait prévu au préalable. Il appréhendait chaque interventions violentes contre lui, ce ne fût pas une surprise. La migraine le terrassait, il pleurait, personne n’intervenait vraiment. Méritait-il cela?
 
La sueur qui coulait sur son front avait déréglé son ordinateur portatif, de sorte qu’il avait tombé en panne. Les yeux rouges, il se les frottis et se jura d’oublier jusqu’aux moindres détails ces incidents malheureux. Il ne semblait pas d’humeur à comprendre la leçon donnée…
 
Que se passera-t-il ensuite?